• Le verger des âmes perdues Nadifa Mohamed

    le verger
     
    JC Lattès
     
     
    Nadifa Mohamed est née en 1981 à Hargeisa en Somalie.
    En 1987, lorsque la guerre civile éclate, elle est en Angleterre avec sa famille.
    Elle est une écrivaine britannique d'origine somalienne.

    Son nouveau roman "Le verger des âmes perdues" a pour cadre la guerre civile en Somalie
    à la fin des années 1980
    et notamment le siège de Hargeisa.

    On suit trois personnages féminins principaux,
    trois parcours différents,
     
    Kawsar, une femme de cinquante-huit ans qui a perdu son mari et son unique enfant
    "...et qui n'accorde pas assez de valeur à sa vie ou à ses biens pour continuer de s'avilir" ,
     
    Deqo, neuf ans, orpheline, qui vit dans un camp de réfugiés
    et à qui on a promis une nouvelle paire de chaussures pour participer à une grande chorégraphie
     
    et Filsan, vingt-cinq ans, une femme soldat zélée qui a quitté Mogadiscio
    pour veiller au bon déroulement d'une grande manifestation.

    La Somalie est sous l’autorité d’une dictature militaire,
    la population vit misérablement et dans la peur permanente.
    Les réfugiés affluent dans le pays depuis la guerre perdue de l’Ogaden contre l’Éthiopie.
    La colère gronde qui aboutira à une guerre civile effroyablement sanglante.

    À travers le destin de ces trois personnages qui vont s'entremêler de façon irrévocable,
    l'auteure dépeint la vie des femmes qui sont obligées de se défendre et de continuer à vivre dans un pays en guerre.
    Ces trois femmes vont se rencontrer au moment où la terreur est aux portes d’Hargeisa.

    L'histoire est complexe mais habilement menée.
    Les cinquante premières pages donnent une description rapide des personnages centraux.

    En revanche, dans les trois chapitres suivants, 
    Nadifa Mohamed s'applique à dresser  le portrait émouvant de chacune de ces trois femmes,
    de leurs destins et de leurs vies souvent brisées.
    Kawsar dont "...les arbres de son verger devaient leur naissance à des morts, car ils signalaient les restes des enfants qui l'avaient traversée et avaient poussé grâce à eux"

    Filsan qui "...toute sa vie a été reléguée dans des endroits où s'amasse la poussière, aussi invisible qu'un tableau accroché au mur, et pleurer, rugir et se débattre lui semblaient parfois les seuls moyens à sa disposition pour se faire entendre."

    Deqo "...qui ressemble à un jeune arbre poussé tout seul dans la terre nue, tandis que les autres sont des branches jaillies de vieux arbres bien enracinés".

    L’écrivaine trace d’une écriture tendre, nostalgique, d’une voix désabusée, des pages bouleversantes sur la détresse des femmes devant l’irrationnel, la folie,
    les violences commises contre les femmes et les filles
    et perpétrées tant par les hommes que par des femmes.
    Les mutilations génitales féminines(MGF).
    La souffrance humaine endurée dépasse l’entendement.

    Au sujet de son livre, Nadifa explique : « La violence est souvent cachée, et de ce fait, ignorée ou jamais remise en question.
    Ma démarche consiste à la rendre visible et à en faire quelque chose que l’on peut combattre. »

    Enfin, à  l'issue de ce roman bouleversant,
    un souffle d'espoir au milieu de tant d'atrocités...
     
     
    Un livre à découvrir absolument!
     
     
     
     
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