• Démons de midi / Arièle BUTAUX

    demons-midi
     
    Editions l'Archipel
     
     
    Arièle Butaux, dans cet ouvrage, ausculte les ravages de la cinquantaine chez ces messieurs.
     
     
     
    Arièle BUTAUX est née en 1964.

    Musicienne, elle anime chaque mardi soir 'Un mardi idéal' sur France musique.

    Auteur de 'La Vestale', une évocation de la cantatrice Pauline Viardot, elle aborde le roman avec 'Les Fleurs de l'âge' (2003) et 'La Samouraï' l'année suivante, avant d'étrenner avec 'Connard !' le roman-nouvelle.

    La suite de cet ouvrage, 'Morue !', paraît en 2006 toujours chez L'Archipel

     
     
    Qui êtes-vous  Arièle Butaux?
     
    ariele-butaux
     

    Je viens d'apprendre que l'être humain est composé à 60 pour cent d'eau !
    Avouez que c'est assez perturbant pour que je ne sache plus très bien qui je suis !
     
    En plus, je vis en partie à Venise donc, si ça se trouve, je suis encore plus liquide que la moyenne des gens !


      Quel est le thème central de ce livre ?

    Le livre traite de ce moment crucial et souvent cruel où le prince charmant, daignant enfin descendre de sa blanche monture, se prend lamentablement les pieds dans les étriers.
    Ce drame ridicule intervient en général lorsque le prince charmant vient de souffler sa cinquantième bougie.
    Autour de lui, les princesses s'organisent pour survivre à l'effroyable réalité qu'on leur a si longtemps cachée : derrière presque chaque prince se cache en réalité un affreux
    crapaud !


      Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?

    Celle-ci. Mes héroïnes, trois amies d'enfance qui viennent d'affronter ensemble les horreurs citées à la question précédente, sont bord du Grand canal à Venise et c'est la phrase finale du livre : «Elles se levèrent comme une seule femme, leur verre à la main, avec des gloussements de gamines. Puis elles trinquèrent avec gravité, mêlant leurs reflets à ceux des palais aux volets clos comme des paupières, offerts à la curiosité du monde entier avec la splendide indifférence d'une femme abandonnée mais debout.»


      Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?

    La chanson «Mon homme» de Zaza Fournier, qui dit entre autres :

    «Je veux chercher ma vie, celle que je n'aurai pas
    celle qui est toujours mieux, celle qui n'est pas pour moi.
    Je veux raser les murs et partir en voiture
    Mais j'ai pas le permis alors je reste au lit»

    Mais aussi une sonate de Schubert, de celles qui vous chuchotent à l'âme vos propres émois et vous font passer en un éclair du sourire aux larmes.
     

    Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?

    S'il s'agit de lecteurs cultivés et dotés d'un solide sens de l'humour, je partagerais volontiers avec eux un café et plus si affinités !

    Avec les lectrices, je souhaite avant tout partager ma joyeuse conviction que c'est notre regard sur les choses qui les rend gais ou tragiques.
    C'est une question d'angle, comme en photo.
     
    Pour moi, l'échec n'existe pas.
    Il n'y a que des expériences qui sont chacune des petites pierres avec lesquelles on construit quelque chose.
     
    Le bonheur, ça se décide.
    Et c'est une chose beaucoup trop sérieuse pour qu'on la remette entre les mains d'un homme !
    Enfin, j'adore cette phrase de Voltaire, que j'envisage sérieusement de me faire tatouer quand j'aurai décidé entre la fesse droite et la fesse gauche :
     
    «J'ai décidé d'être heureux parce que c'est bon pour la santé.»


      Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ?

    Si je vous dis que j'écris à Venise, vous allez trouver cela très chic !
    Mais ça ne l'est pas du tout ! J'écris là-bas parce que j'y ai plus de temps qu'à Paris et surtout moins d'occasions de sortir. Je n'ai aucun rituel. J'écris n'importe où, n'importe quand et toujours à la main sur des cahiers achetés au hasard ou offerts par mes filles ou par des amis. Pas de stylo fétiche. Et je n'hésite jamais à noter un numéro de téléphone ou une liste de courses sur le cahier que je suis en train de couvrir des phrases immortelles de mon prochain best-seller !


      Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescent «un jour j'écrirai des livres» ?

    J'avais sept ans, je lisais tout ce qui me passait sous la main et, ce jour-là, je n'avais plus rien à lire.
    Je me suis donc écrit une histoire, celle d'un lapin facteur qui dévorait les lettres d'amour.
    Petite, je voulais en effet être journaliste ou écrivain. J'ai écrit pas mal de romans à quatre mains avec une copine de classe.
    Puis la musique est entrée dans ma vie, j'ai toujours continué à écrire de petites choses, j'ai tenu un journal mais je ne me suis mise à écrire sérieusement que beaucoup plus tard, lorsque je me suis fait plus ou moins fait virer de la radio par un directeur qui m'a fait revenir deux ans plus tard, au motif que la chaine ne pouvait finalement pas se passer de ce qu'on m'avait reproché deux ans plus tôt ! C'est marrant la vie, non ?
    En attendant, j'avais profité de cette relative accalmie dans mon emploi du temps pour écrire enfin la biographie romancée d'un personnage qui me hantait depuis longtemps.
    La vestale, mon premier roman publié.
    Je bénis aujourd'hui ce directeur mal embouché qui m'a involontairement remise sur la voie de l'écriture. D'ailleurs, aujourd'hui nous sommes les meilleurs amis du monde !


      Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lecteur) ?

    J'ai appris à lire dans «Paroles» de Prévert qui reste, à ce jour un de mes livres préférés.

    Ce que j'admire le plus chez lui et ce vers quoi j'essaie de tendre dans ce que j'écris, c'est l'élégance qui consiste à dire avec légèreté les choses les plus graves.
    Si vous enlevez le pathos, il reste l'émotion pure, celle qui vous troue le coeur...

    Au fait, au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, Démons de midi est un livre extrêmement tragique.
    Je le sais car une bonne partie de ce que j'y raconte m'est réellement arrivé !
     
    Après, si ça vous fait rire, c'est la faute à Prévert !

    Je me souviens aussi du grand frisson ressenti un jour où, à huit ou neuf ans, j'étais cachée des autres élèves par le tableau noir pivotant.
    J'écrivais à la craie la dictée que nous faisait la maîtresse.
    Un rayon de soleil jouait dans la poussière et j'étais loin, très loin de cette salle de classe, littéralement transportée par la scène du baiser maternel dans un Amour de Swann.
    En rentrant à la maison, j'ai demandé à ma mère de m'acheter ce livre.
    J'ai dû réussir à le lire seulement dix ans plus tard !
    Puis j'ai plongé dans La recherche et je n'en suis plus jamais sortie.
    C'est pour moi l'aventure littéraire la plus fantastique du monde occidental !
     
    Je constate, en vous répondant, que je suis restée fidèle à mes premiers chocs littéraires et à mes premières ambitions.
     
    Comme quoi il faut toujours prendre très au sérieux les rêves des enfants !
     
     

      Savez-vous à quoi servent les écrivains ?

    Principalement à la déforestation, hélas !
    Et aussi à exprimer ce que nous ressentons tous sans pouvoir le mettre en mots.
    Prévert cite, parmi d'autres êtres au sort peu enviable, «ceux qui en ont trop à dire pour pouvoir le dire.»
     
    Il me semble que les écrivains que nous aimons le plus sont finalement ceux qui parlent en notre nom, qui répondent à nos questionnements intimes, qui entrent en résonnance avec nos angoisses et nos joies...
     
    Bref, ceux qui mettent un peu d'ordre dans le chaos trop humain de nos âmes.
     

     Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ?

    Ce sont des lieux de perdition !
    J'y suis comme une enfant dans une pâtisserie ! Je veux tout voir, tout toucher, tout goûter. Et tout acheter !
     
    Entrer dans une librairie familière, comme par exemple la Librairie de Paris où les libraires sont merveilleux, est le meilleur anti-blues que je connaisse.
    J'adore offrir des livres.
    Je n'offre que ceux que j'ai déjà lus, comme une invitation au partage lancée à des gens qui me sont chers.
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
    Merci aux Editions L'Archipel de m'avoir fait découvrir cet ouvrage.
     
     
     
     
     
     
     
    http://www.20minutes.fr/livres/1128545-20130330-demons-midi-ariele-butaux-chez-archipel-paris-france

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